
La Peste, le chef-d'œuvre d'Albert Camus publié pour la première fois en 1946, demeure une méditation intemporelle sur la souffrance humaine et la résistance face à l'absurde. Cette édition Gallimard de 1980 (344 pages) porte en elle toute la puissance de cette allégorie sombre où une ville ravagée par l'épidémie devient le miroir de nos angoisses collectives et individuelles.
À travers le destin d'Oran étouffée par le fléau, Camus explore les conduites humaines face à la mort, la séparation et l'exil existentiel. Ce n'est pas seulement un roman de la catastrophe, mais une chronique de la résistance : celle des hommes qui, confrontés à l'inutilité apparente du monde, découvrent néanmoins une solidarité fragile et un courage tranquille. Entre réflexion philosophique et récit captivant, entre gravité et humour macabre, La Peste impose sa vision d'un univers sans finalité où les silences et les blessures secrètes définissent nos âmes bien davantage que nos paroles.
Résumé
[4e de couverture] "C'est moi qui remplace la peste", s'écriait Caligula, l'empereur dément. Bientôt, la "peste brune" déferlait sur l'Europe dans un grand bruit de bottes. France déchirée aux coutures de Somme et de Loire, troupeaux de prisonniers, esclaves voués par millions aux barbelés et aux crématoires, La Peste éternise ces jours de ténèbres, cette "passion collective" d'une Europe en folie, détournée comme Oran de la mer et de sa mesure. Sans doute la guerre accentue-t-elle la séparation, la maladie, l'insécurité. Mais ne sommes-nous pas toujours plus ou moins séparés, menacés, exilés, rongés comme le fruit par le ver ? Face aux souffrances comme à la mort, à l'ennui des recommencenments, La Peste recense les conduites ; elle nous impose la vision d'un univers sans avenir ni finalité, un monde de la répétition et de l'étouffante monotonie, où le drame même cesse de paraître dramatique et s'imprègne d'humour macabre, où les hommes se définissent moins par leur démarche, leur langage et leur poids de chair que par leurs silences, leurs secrètes blessures, leurs ombres portées et leurs réactions aux défis de l'existence. La Peste sera donc, au gré des interprétations, la "chronique de la résistance" ou un roman de la permanence, le prolongement de L'Etranger ou "un progrès" sur L'Etranger, le livre des "damnés" et des solitaires ou le manuel du relatif et de la solidarité - en tout cas, une oeuvre pudique et calculée qu'Albert Camus douta parfois de mener à bien, au cours de sept années de gestation, de maturation et de rédaction difficiles, entrecoupées des combats du résistant et du journaliste.
Auteur : Albert Camus
Éditeur : Editions Gallimard
Édition : 1980
Pages : 344
Genre : Roman
Format : Autre
L'auteur
Albert Camus (1913-1960) est l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle. Né en Algérie, marqué par la pauvreté et la Méditerranée, il devient journaliste et résistant pendant l'Occupation. Penseur de l'absurde, auteur de L'Étranger et de Le Mythe de Sisyphe, Camus reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Son œuvre interroge la liberté, la révolte et la solidarité humaine face à un monde dénué de sens.
Données via Google Books
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